Se marier, un désir devenu un véritable parcours du combattant en Haute-Loire

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Le mariage est d’ordinaire un événement inoubliable pour ses organisateurs, stars du jour, et leurs invités. Il marque un changement de vie et se fête le plus souvent en grande pompe dans des lieux de réception loués pour l’occasion avec DJ, photographe, etc. Mais l’année dernière, pour beaucoup de futurs mariés, cette célébration n’a pas pu avoir lieu. Si certains ont tout de même choisi de sceller leur union d’autres, comme Gaëlle Carrouée et Éric Besseyre, habitants d’Allègre, l’ont repoussé dans l’espoir d’un retour à la normale. « Au moment de l’annulation, j’ai beaucoup pleuré, parce que ça représentait un an de préparation », confie Gaëlle Carrouée.

Revoir ses projets et s’adapter

Initialement leur mariage devait se dérouler au château du Thiolent, à Vergezac, le 11 juillet 2020. Pour l’occasion, le couple avait sollicité les services d’un DJ, d’un fleuriste, d’un photographe et d’un traiteur. Ils avaient également convié près de 130 personnes. Mais à cause de la pandémie, trois semaines avant le jour J, la gérante du château a annulé la réservation. Ils ont donc dû reprogrammer pour le 10 juillet prochain.Gaëlle Carrouée et Eric Besseyre

Même chose pour Corine Thomas et son futur époux Paul Rouchon, d’Aurec-sur-Loire, dont le mariage devait avoir lieu le 26 septembre 2020. Ils avaient prévu de faire venir des amis et de la famille de l’île de La Réunion. « On avait réservé une salle à Monistrol-sur-Loire dans une vieille ferme. On a aussi pris un DJ. On avait choisi les menus et on avait invité une soixantaine de personnes… On l’a reporté au 5 juin cette année avec peut-être un repas en terrasse. Ça a tout gâché. »
Les Ponots Amélie Breysse et Sébastien Trincal avaient, eux aussi, prévu de mettre les petits plats dans les grands avec un mariage sur trois jours comprenant la privatisation du village vacances le Hameau du Prat, à Ribes, en Ardèche, de nombreux prestataires dont un traiteur, un photographe, un groupe de musique, un animateur pour enfants, ainsi que la venue de 120 invités. Ils y ont cru jusqu’au dernier moment. Mais un mois avant la date, ils ont, eux aussi, dû reporter la cérémonie. « Je n’avais pas envie de faire un mariage masqué ni de prendre le risque qu’il y ait une mauvaise ambiance à cause de l’anxiété créée par la pandémie. La fermeture du camping a confirmé notre décision », confie Amélie Breysse.Amélie Breysse et Sébastien Trincal

« Si on avait su, on se serait mariés l’année dernière »

Un contretemps qui a failli mettre en péril la réalisation de leur projet : « Par la suite, le camping, qui a dû également décaler tous les autres mariages, m’a proposé une nouvelle date en septembre 2023. À ce moment-là, je n’avais plus envie de me marier. » Par chance, et suite à quelques désistements, cette date a été avancée à la fin du mois d’août prochain.
Dans certains cas, l’annulation a entraîné une succession d’imprévus, comme en témoignent Coralie Morel et Thomas Arnaud, résidant sur la commune de Sainte-Sigolène. Ils ont dû, eux aussi, décaler leur mariage d’un an. Tout était prévu pour rendre cette journée mémorable mais, par mesure de sécurité, ils ont choisi de le repousser d’une année.
Ce qui n’était qu’un simple report s’est révélé être un véritable casse-tête organisationnel. « On avait tout réservé, donc on a tout annulé. Entre-temps notre traiteur a arrêté son activité, il a donc fallu en trouver un nouveau. On a également dû rééditer les faire-part, la déco et les alliances car la date ne correspondait plus », énumère Coralie Morel.

Se marier coûte que coûte

Pour leur nouvelle date, les quatre couples de futurs mariés ont plus ou moins revu leurs ambitions à la baisse. Si Amélie Breysse et Sébastien Trincal n’ont rien voulu changer, Gaëlle Carrouée et Éric Besseyre n’ont pas souhaité garder le château comme lieu de réception et ont préféré louer une salle des fêtes.
Coralie Morel et Thomas Arnaud ont préféré, à contrecœur, réduire le nombre d’invités prévus au vin d’honneur, mais également concevoir un plan de table moins convivial que prévu pour respecter les restrictions sanitaires. La future mariée est un peu déçue de cet aménagement même si, en tant qu’infirmière, elle souligne la nécessité d’appliquer les gestes barrières. « Aujourd’hui, on en est à se dire que, si on avait su, on se serait mariés l’année dernière. C’était pour le 13 juin et le confinement s’est arrêté le 11 mai. On a annulé par peur de ne pas pouvoir finaliser l’organisation correctement. Aujourd’hui, on va être déconfinés le 19 mai et, le 26 juin, on aura un couvre-feu à 23 heures qu’on n’aurait pas eu l’année dernière. »Corinne Thomas et Paul Rouchon

Corine Thomas et Paul Rouchon, quant à eux, ont décidé de tout annuler et de réaliser un mariage en mairie en présence de leurs trois enfants et de leurs témoins. La fête sera organisée plus tard, mais pour la future mariée, la célébration n’aura pas la même saveur.
« Avec le Covid, il y avait trop d’incertitudes. La fête, on la fera peut-être plus tard, mais ce ne sera plus pareil. Lorsqu’elle a lieu le jour du mariage, elle arrive après le passage en mairie. Il y a les invités, l’apéritif, la musique. Si on la fait quelques mois plus tard, on n’est plus dans l’euphorie de l’événement. »
Une chose est sûre pour les quatre couples : peu importe la situation sanitaire, ils se marieront même sans grande fête. « On ne sait pas trop ce qui va se passer d’ici cet été, ce qui me laisse perplexe quant à la réalisation de ce projet. Mais que ce soit avec les familles et les amis ou juste nos six enfants et nos témoins, on se mariera le 10 juillet », conclut Gaëlle Carrouée.

Des professionnels plus ou moins impactés

En perturbant le déroulement des mariages, la pandémie a également touché les prestataires mobilisés autour de ces événements. Avec des conséquences économiques sévères, même si certains ont tiré leur épingle du jeu.
Depuis décembre 2018, Carole-Anne Tiberti, Brivadoise, est Wedding-planner (organisatrice de mariages). En 2020, sa saison devait être rythmée par sept cérémonies. Seulement trois ont eu lieu. « Comme c’était ma deuxième saison, j’avais doublé mes réservations. Paradoxalement, avec les reports, j’ai finalement perdu plus 50 % de chiffre d’affaires par rapport à la première année. » Elle n’est d’ailleurs pas la seule dans ce cas. Avec quatorze mariages de prévus, Raphaëlle Rocher, traiteur, devait, elle aussi, réaliser une bonne saison. Mais les reports se sont succédé et seulement quatre ont pu aboutir, entraînant une perte de plus 35 % du chiffre d’affaires. Toutefois, la chef d’entreprise relativise, du fait qu’elle soit soutenue financièrement par l’État.Émilie Roy a déjà reçu des demandes de devis pour des mariages prévus en 2022.?Photo Dominique Lemoine

La couturière ponote, Émilie Roy, spécialisée dans les robes de mariée sur mesure, a étonnamment bénéficié d’effets positifs. Si elle a vu aussi des commandes différées, leur nombre a plus que doublé cette année : elle devait concevoir deux robes en 2020, cette année elle doit en fabriquer neuf. En revanche, la saison 2021, commence difficilement pour la wedding-planner et la traiteur. « Tous les mariages devant se dérouler entre avril et juin ont été reportés de quelques mois, voire à l’année prochaine », explique Carole-Anne Tiberti.
Même scepticisme quant à la réalisation d’une meilleure saison du côté de Raphaëlle Rocher : « On pensait pouvoir aller au bout des réservations de juin, mais il s’avère qu’avec ce couvre-feu à 23 heures, ça va finalement coincer. On espère qu’en juillet, août et septembre, on pourra faire de vrais services comme on a l’habitude d’en faire. »

Quelle réglementation pour les semaines à venir ?

Jeudi 6 mai, suite à de nombreuses discussions avec les professionnels du secteur, le gouvernement a annoncé la reprise des célébrations dès le mercredi 19 mai. Une mesure traduite par la mise en place d’un calendrier bien précis. C’est officiel, les mariés vont avoir la possibilité, dans les semaines à venir, de célébrer leur union comme il se doit, mais sous certaines conditions. Ces dernières ne seront pas les mêmes selon la date à laquelle se déroule le mariage.
L’allègement des restrictions sanitaires concernant les mariages se fera en trois grandes étapes. Illustration Elise Baïera

À partir du 19 mai prochain, lors du passage à la mairie, l’accueil des invités devra se faire de la manière suivante : une chaise sur trois, placée en quinconce, pourra être occupée. Les lieux de réception tels que les salles des fêtes pourront également rouvrir. Que ce soit en intérieur ou à l’extérieur, les mariés pourront recevoir un nombre d’invités allant jusqu’à 35 % de la capacité d’accueil du lieu de réception. Les participants devront respecter le couvre-feu établi à 21 heures. Après cette heure, ils devront obligatoirement loger sur place. Les repas devront se faire en extérieur, en respectant la règle de six personnes assises par table.

À partir du 9 juin, en mairie, une chaise sur deux pourra être occupée. La capacité en intérieur s’élèvera à 50 % et la restauration sera possible en configuration assise en intérieur. À l’extérieur, cette capacité d’accueil pourra atteindre les 65 %. En revanche, le nombre de convives par table devra rester inchangé. Le couvre-feu sera, par ailleurs, décalé à 23 heures.

Dès le 30 juin, en mairie, il sera possible de s’asseoir côte à côte. Il n’y aura plus de jauges dans les lieux de réception, ni de couvre-feu. Toutefois, au cours de ces différentes périodes, le respect des gestes barrières restera fortement conseillé. Le test PCR ou le pass sanitaire ne seront, quant à eux, pas obligatoires.

Dominique Lemoine

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